Chapitre 4 : Le Rapport à l'Energie et au Mouvement





L'Emotion - Partie 1/3



L’émotion est le carburant principal du mouvement humain. Il est fuel de la motivation, et la source de tout pouvoir d’action. À l’image de n’importe quelle source d’énergie, sa maîtrise permet de canaliser une production efficace et contrôlée, tandis que sa mauvaise manipulation a toutes les chances de se transformer en événements dommageables et en retour de flamme.


La colère, la joie, la tristesse, la passion, la gaieté, et de bien nombreuses manifestations de ce carburant sont ressenties au quotidien par tout être humain qui se respecte. Mais ceux qui se respectent encore plus que les autres tendent à travailler de leur mieux à vivre cette part d’eux-mêmes sans la subir et sans en être l’esclave.


L’émotion est une force qui peut s’avérer aussi créative que possible dans les mains d’un artiste, d’un leader bienveillant, d’un comédien, ou simplement dans une vie sociale banale, que destructrice si délaissée, contrôlée ou aveuglément suivie. Et c’est à travers ces trois précédents points qu’il est primordial d’accorder son attention lorsqu’il s’agit de savoir correctement gérer ses émotions. Et c’est également pourquoi il est important de comprendre le rôle purement énergétique de ces dernières pour pouvoir en saisir la logique.


À l’image de n’importe quelle source de carburant, la fluidité et la pertinence de son déplacement sont fondamentales à son intérêt. Si votre voiture roule normalement, c’est bien parce que son fuel, ou son électricité est proprement amené là où il est désiré pour remplir sa mission, et qu’il est utilisé décemment. Il en va de même pour la colère ou l’excitation. Au-delà de toutes les croyances et idées reçues, positives ou négatives, que l’on nous éduque à entretenir sur les émotions, il n’est toujours qu’une question de maîtrise d’une part de son véhicule.


Tout outil peut être manipulé tel qu’il est censé l’être, ou détourné de sa fonction principale, mais la faute et responsabilité en reviendra systématiquement à celui qui le manie, jamais à l’objet. Se laisser gouverner par sa colère, par exemple, est un exemple communément connu comme étant une tangente dangereuse. Pourtant, se laisser gouverner par sa gaieté, son plaisir ou son contentement sont tout aussi nuisibles, bien que les effets puissent se montrer plus discrets ou moins explosifs. Ainsi quelqu’un qui se vautre dans l’autosatisfaction n’exprimera rien de plus bienveillant, nourrissant et utile qu’un être se perdant dans l’accablement.


Ce sont deux extrêmes d’un même déséquilibre, trahissant un manque de maîtrise de son carburant. Et c’est de ce mot qu’il est bien question, la maîtrise. Non pas du contrôle, comme bien des générations ont eu tendance à prêcher. Le contrôle d’une énergie ne contribue qu'à la confiner dans un espace limité. Et plus de contrôle ne fait que rajouter à cet espace, sans en élargir les limites… Qu’arrive-t-il à toute énergie qui se retrouve confinée trop longtemps, en trop grande quantité, dans un lieu trop petit pour supporter la pression qu’elle exerce en permanence depuis l’intérieur ? Beaucoup de dégâts, dans tous les cas.


C’est exactement ce qui arrive avec un corps humain et ses émotions. Au plus les émotions sont contrôlées, restreintes et non exprimées, donc non évacuées, au plus elles produisent une résistance active et incessante à l’intérieur du corps. Et bien entendu au plus on continue dans cette voie-là, au plus la tension constante se renforce et au plus la corde de l’épée de Damoclès se rapproche de sa rupture.