CHAPITRE 3 : LE RAPPORT À LA SPIRITUALITÉ





L'Identité - Partie 2/3



Mais alors comment cela se fait-il que l’on passe tant de temps à « se chercher » si l’on dispose d’une identité dès le départ ? Simplement parce que cette identité doit pouvoir s’exprimer à travers vous, votre corps sur tous les plans, à l’image d’une eau dans un tube. Or si le tube est sale, embourbé, ou troué, il y aura des blocages, des pertes et des altérations de la qualité du liquide avant l’arrivée à sa destination.


Et c’est bien là le souci de notre époque, on cherche à remplir de force le type de chacun avec des envies et des attentes que d’autres posent. On bourre toute possibilité de s’exprimer bien avant d’apprendre à l’individu, lorsqu’on lui enseigne, à dégager ce qui ne lui appartient pas. Bien entendu, tout ce processus commençant dans la petite enfance, ces croyances et illusions contribuent à installer des fondations obstruant la lumière naturelle de l'adulte à venir. Ou l’eau pure, si l'on reste dans le cadre de l’illustration donnée au-dessus.


Il existe donc un processus en trois grandes étapes. L’identité fait naître l’idée, l’idée se traduit à travers le corps, et se manifeste aux yeux de tous dans le résultat physique, une action, une création. Et ce résultat peut être aussi simple et basique qu’un sourire ou aussi élaboré et travaillé qu’une œuvre d’art. Il n’y a aucune échelle de valeurs ici, ce qui est exprimé est hautement intime et personnel. C’est le principe même de l’identité, elle est parfaitement incomparable avec une autre. Illustrons rapidement ce chemin à travers deux actions anodines.


Imaginons un matin que vous ayez l’idée de faire thé pour accompagner dans cette journée. Vous allez vers la cuisine, et vous chantonnez cette chanson appartenant au fil qui vous a tant plu il y a des années de ça. En versant le thé, vous espérez mettre une certaine dose, et finissez par en répandre le double. Du coup, plutôt que de recommencer ou renvoyer le thé déjà humide dans son emballage, vous décidez de rajouter dans la théière une poignée d’épices de cuisine et profiter de l’occasion pour tester un mélange osé. Après quelques minutes d’infusion, votre thé est prêt. Rien de compliqué ici, mais prenons le temps de repérer les étapes.

En premier lieu, l’idée, celle de faire un thé. Puis, vient tout le processus qui va se réaliser à travers votre corps, la naissance de l'idée. Y compris « l’erreur » et la façon dont vous transformez la situation à votre avantage ! Ceci correspond à la deuxième étape, le mouvement ou l’énergie.

Et enfin, la résultante de ces deux opérations, le thé physiquement manifesté et prêt à être vécu par vous ou d’autres. La deuxième situation est bien plus générale. Elle vous place devant un souci, ou un problème qu’il est essentiel de résoudre. Peu importe la nature du problème, son identité est celle d’un obstacle. Un mur, quelle que soit sa couleur ou sa forme, reste un mur.


La façon dont vous allez enjamber ce mur, le détruire, le contourner, l’utiliser, le partager ou même le laisser vous détourner représente le mouvement de votre action. La transition de l’identité à la résultante. Et la conséquence est bien entendu ce que vous trouverez en face de vous et dans quel état une fois que l’épreuve aura été franchie. Or ce résultat sera très différent si votre décision a été de démolir le mur comparé au choix de l’escalader, évidemment.